Des élections européennes bien plus politiques à l’avenir ?

Dans un peu plus d’un an, les Belges éliront leurs représentants aux niveaux régional, fédéral et européen. Disons-le franchement, le scrutin européen sera le parent pauvre de ces campagnes électorales et de leur médiatisation ; la plupart des citoyens se désintéressant de l’UE. Et si les partis politiques nationaux renouaient le lien entre l’Europe et ses citoyens ? C’est le fil conducteur d’une recommandation que la Commission européenne a publiée la semaine dernière1. Ce texte, passé inaperçu, mérite pourtant qu’on s’y arrête, ne fut-ce que pour débattre de deux de ses propositions.

élections européennesLa Commission suggère que chaque parti politique national dise clairement à quel groupe politique européen il appartient ; et ce, tant durant la campagne (mention sur les tracts, sur les affiches, dans les annonces à la télé, …) que le jour des élections (avec l’indication de cette appartenance sur les bulletins de vote).

L’idée n’est pas mauvaise. Combien de Belges savent-ils que le PS et le sp.a font partie de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D) ? Que le MR et l’Open VLD appartiennent à l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) ? Ce qui n’est pourtant pas le cas de l’UMP qui côtoie le cdH et le CD&V au sein du Parti populaire européen  (PPE). Et combien seront surpris d’apprendre que les Écologistes (Ecolo et Groen!) sont membres du même groupe que la NV-A, les Verts/Alliance libre européenne ? Un vrai méli-mélo.

Affirmer son appartenance à l’un de ces groupes politiques européens reviendrait à assumer en toute transparence les choix de ce groupe au sein du Parlement européen. Ce n’est pas aussi clair aujourd’hui : par exemple, quelles convergences idéologiques peut-on concevoir entre Ecolo et la NV-A ? Un besoin de clarification voire d’explication de ces appartenances est loin d’être superflu.

La Commission recommande également aux groupes politiques européens de désigner – s’ils le désirent2 – leur candidat à la fonction de Président de la Commission européenne et de définir leur programme politique. Autrement dit, chacun de ces groupes aurait un candidat qui serait son porte-voix dans l’ensemble des États membres et qui y défendrait un programme unique avec le soutien des partis politiques nationaux. En cas de succès, cette personnalité endosserait alors les habits du Président de la Commission européenne et réaliserait un  programme plutôt de gauche ou de droite.

VerhofstadtL’idée est à nouveau séduisante car elle clarifierait idéologiquement le débat et elle donnerait chair à l’Union par l’entremise des candidats désignés par les groupes politiques européens. En d’autres termes, on « présidentialiserait » le scrutin européen. Les socialistes belges viendraient, par exemple, en appui au candidat S&D et défendraient le programme de ce groupe politique. De même, on pourrait envisager que Guy Verhofstadt soit le candidat de l’ADLE et qu’il porte le projet libéral dans tous les États membres, et ce, avec le concours des partis politiques nationaux appartenant à ce groupe.

D’une certaine manière et toute proportion gardée, l’on se rapprocherait du système américain où l’électeur désigne dans son État ses Grands électeurs, ceux-ci se chargeant ensuite d’élire le Président. Depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, il revient, en effet, aux députés européens d’élire le Président de la Commission européenne, sur proposition du Conseil européen (ce dernier devant néanmoins tenir compte de l’équilibre des forces politiques résultant des élections européennes)3.

Ces propositions, qui tendent à renforcer l’emprise des citoyens sur le débat européen, sont loin d’être incongrues et méritent au moins d’être discutées. S’il est fort probable qu’elles ne seront pas d’application en 2014, rien n’interdit d’espérer qu’elle le soit dans un avenir proche. Il ne restera alors qu’à surmonter la difficulté de choisir le bon candidat4 et de rédiger un programme qui agrée l’ensemble des composantes du groupe politique (il y a, par exemple, plus qu’un fossé idéologique entre le PS français et le Labour britannique, pourtant tous deux membres du S&D). Gageons cependant que le pragmatisme électoral l’emportera sur les divisions internes.

  1. Recommandation 2013/142/UE de la Commission du 12 mars 2013 sur le renforcement de la conduite démocratique et efficace des élections au Parlement européen, J.O., 21 mars 2013, L 79, p. 29. []
  2. On peut effectivement imaginer une alliance entre différents groupes en vue de ne soutenir qu’un seul candidat et de maximiser ainsi ses chances de succès. []
  3. Article 17, §7 du Traité sur l’Union européenne. []
  4. Cette présidentialisation du scrutin devrait favoriser les candidats issus des grands États membres, ce qui ne manquera pas d’être reproché. En effet, pour être élu le candidat devra être connu : or, si le citoyen moyen connaît le nom des hommes et des femmes politiques de premier plan des grands États membres (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie et Espagne), il n’en va pas de même à l’égard des autres États membres. []

Conflits communautaires et marché intérieur

Kroll - BelgiqueLa Belgique est un État fédéral à l’architecture et aux règles de fonctionnement complexes. Ce contexte institutionnel est le résultat des diverses crises politiques qui opposent depuis des décennies les deux grandes communautés linguistiques du pays, à savoir les francophones et les néerlandophones.

Depuis longtemps, la langue a constitué, et constitue encore, une importante source de tensions entre les Flamands et les francophones. Les uns craignant une francisation d’une partie de leur territoire, les autres défendant des droits considérés comme historiquement acquis. Comme en témoigne notamment l’affaire du Wooncode (Code du logement flamand).

Mais les tensions entre le nord et le sud du pays ne se résument pas à ces seules questions linguistiques. D’autres enjeux se rattachant à l’idée même que chaque entité fédérée se fait du fédéralisme peuvent aussi générer des conflits communautaires. L’affaire de l’assurance soins flamande (zorgverzekering) illustre parfaitement ce point.

Dans ces deux cas, des mesures sont jugées totalement légitimes par une entité alors qu’elles apparaissent comme intolérables, voire constitutives d’agression, par une autre communauté. Ces mesures ont également pour point commun de faire surgir des interrogations sur le plan du droit de l’Union : les restrictions posées sont-elles conformes aux règles gouvernant le marché intérieur ? A ce propos, le critère d’applicabilité spatiale du droit de l’Union (et l’exclusion des situations purement internes) s’avère capital. Cependant, même quand le droit de l’Union se révèle inapplicable, d’autres normes exigent que soient assurées, entre les différentes composantes du Royaume, la libre circulation des marchandises, des services, des personnes et des capitaux.

Ces questions sont analysées plus avant dans ce working paper : Quand les crises politiques entre les différentes entités belges perturbent le fonctionnement du marché intérieur (13 mars 2013).

La lasagne pur-sang et la société ‘low-cost’

Ce texte a été publié dans La Libre de ce jour. Si cela vous intéresse, le PDF peut être téléchargé à cette adresse.

Pierre Ozer, Département des Sciences et Gestion de l’Environnement, Université de Liège

Grégory Piet, Spiral, Université de Liège

François Thoreau, Spiral, Université de Liège

Il y a quelques jours, un petit garçon de douze ans fuit la capitale de l’Europe, siège de l’OTAN. Surprise ! Sans document d’identité ni billet d’avion, on le retrouve le lendemain à Malaga, ayant déjoué tous les dispositifs de sécurité à l’aéroport de Bruxelles-National. Lorsque le kilomètre parcouru par avion coûte moins de 4 centimes avec certaines compagnies aériennes, cela se répercute immanquablement sur une série de garanties et de précautions. Telle est la loi du ‘low-cost’.

Au même moment, après être passée dans les mains de traders hollandais et chypriotes, puis travaillée au Grand-duché du Luxembourg pour le compte d’un intermédiaire français agissant pour une multinationale suédoise détenue par des groupes financiers (JP Morgan, Royal Bank of Scotland, Société Générale, …), on découvre que de la viande de cheval d’origine supposée roumaine s’est métamorphosée en viande « pur bœuf » dans des lasagnes, hachis Parmentier et autres moussakas vendues un peu partout en Europe. Lorsque le kilogramme de produit transformé, après avoir vu ses différents composants parcourir des milliers de kilomètres, flirte avec les 4 euros dans les supermarchés, on joue avec les limites du soutenable dans différents domaines, dont ladite ‘traçabilité’. Telle est, une fois encore, la loi du ‘low-cost’.

Dans ce cas aussi, les dispositifs de sécurité se sont avérés désespérément défaillants : « Nous ne pouvons pas contrôler chaque ingrédient » a déclaré le directeur France de Findus, alors que le ministre français à la consommation révélait qu’il ne pouvait pas « mettre un fonctionnaire derrière chaque pain de viande« [i]. Mais rassurons-nous, une telle « affaire Findus » serait tout bonnement « impossible » en Belgique[ii]. Après tout, la sécurité alimentaire, sans mauvais jeux de mots, c’est un peu notre « cheval » de bataille. Ce n’est pas comme si les fièvres aphteuses et porcines ou le trafic d’hormones avaient succédé au scandale de la dioxine…

Cependant, la Commission européenne — pour qui cette ‘crise’ n’est qu’une « question d’étiquetage » — n’a pas attendu ce scandale pour lancer une large consultation publique en vue du réexamen de la politique européenne relative à l’agriculture biologique qu’elle souhaite plus stricte en renforçant les contrôles sur les chaînes de production. Elle y pose la question suivante au « consommateur »[iii] : « Les systèmes de production biologique n’étant pas isolés du reste de la chaîne de production […] il n’est pas nécessaire de mentionner l’éventuelle présence d’OGM sur l’étiquette des produits alimentaires dont les OGM ne risquent pas de représenter plus de 0,9 % du contenu. Toutefois, la diminution de ce taux et/ou le renforcement des exigences en matière d’étiquetage seraient susceptibles d’entraîner une augmentation des prix pour les consommateurs. En tant que consommateur, seriez-vous disposé à payer un prix plus élevé pour les produits bio, si cette augmentation résultait de la baisse du seuil au-delà duquel la présence éventuelle d’OGM doit être indiquée? ».

Avec cette question, la Commission établit un parallèle ferme entre la dégradation de la qualité d’un produit, justifiée par des objectifs productivistes, et le prix de ce même produit. Vous voulez du bon marché ? Bradez la qualité, réduisez vos exigences. Inversement, vous voulez de la qualité ? Payez-la. Ce lien est au cœur de l’alimentation ‘low-cost’. Ou bien le prix, ou bien la qualité ; la Commission nous propose là une belle « alternative infernale[iv] », dont aucun des termes n’est réellement satisfaisant. Rien que pour s’amuser un peu, nous pourrions inverser la question de la Commission : « seriez-vous prêt à payer un prix plus élevé pour votre alimentation OGM, si cette augmentation résultait de la baisse du seuil au-delà duquel la présence éventuelle de produits bio doit être indiquée ? » Un non-sens, n’est-ce pas ? C’est la démonstration par l’absurde de la voie du ‘low-cost’ — c’est-à-dire du productivisme — suivie par la Commission.

La Commission européenne est en train de complètement louper sa réforme de la Politique agricole commune. Elle risque de continuer à promouvoir des gros producteurs ‘low-cost’ pour une nourriture ‘low-cost’ (avec des moyens de contrôles limités) en vue de satisfaire des consommateurs en quête de toujours plus de ‘pouvoir d’achat’ — qui sont le prétexte bien commode d’un productivisme toujours plus débridé. Plus on s’engage dans cette voie-là, et plus on s’expose à prendre des vessies pour des lanternes, et de la viande de cheval pour de la viande de bœuf. Ce qui nous guette, c’est la généralisation d’un modèle alimentaire qui nous empoisonne, et où les lasagnes n’ont plus de « lasagne » que le nom.

Face à cela, il faut réaffirmer avec force qu’une autre alimentation est possible. Au niveau local, en attendant une réaction salutaire de l’Europe, il faut favoriser les petits agriculteurs locaux, faciliter les filières courtes et soutenir le juste prix du travail de la terre. D’un coup, à ce niveau local, quand se ferment nos paupières et que toutes nos papilles dégustent la saveur d’une tomate en saison, toute la bureaucratie et les chaînes alimentaires complexes paraissent bien superflues.

Faire l’économie des nationalisations ?

Depuis plusieurs mois, des drames sociaux de grande ampleur ponctuent l’actualité. C’est principalement le cas dans les secteurs automobile et de la sidérurgie. Que ce soit en France ou en Belgique, l’idée de nationaliser les entreprises qui cessent leurs activités est régulièrement avancée (de plus en plus radicalement à mesure que l’on s’avance vers la gauche puis l’extrême gauche de l’échiquier politique). Soyons honnête : les femmes et les hommes politiques sont parfaitement dans leur rôle quand ils tentent de préserver l’activité industrielle et l’emploi de leur pays. Du reste, les travailleurs attendent une réponse de l’Etat et tout responsable politique se souvient de l’effet désastreux de l’aveu de Lionel Jospin selon lequel « L’Etat ne peut pas tout ». Parfois, il vaut mieux affirmer haut et fort poursuivre une chimère qu’avouer sa propre impuissance. Que la piste d’une nationalisation soit évoquée n’est donc pas en soi critiquable ; on attend des responsables politiques qu’ils envisagent toutes les options. Reste à voir si une nationalisation est juridiquement possible et surtout si elle est pertinente.

Le droit n’interdit pas à l’Etat de nationaliser certaines entreprises. La pratique le démontre à l’envi : que ce soient des nationalisations sous forme de sanction (ex. Renault au sortir de la seconde guerre mondiale), le vaste programme de nationalisation au début des années 80 en France ou encore des nationalisations plus récentes en vue de sauver – et à leur demande – des entreprises de la faillite : Dexia, Alstom, General Motors, … En revanche,  cette voie s’avère plus hasardeuse si l’entreprise ne consent pas à une mainmise publique.

nationalisation

La protection du droit de propriété, à l’instar des autres droits fondamentaux, n’a fait que se renforcer en soixante ans. Ce droit est consacré par l’article 16 de la Constitution belge et par l’article premier du Premier Protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l’homme. Il n’est, par ailleurs, pas exclu qu’une nationalisation puisse également entrer en confrontation avec l’une ou l’autre des libertés de circulation garanties par le droit européen ; et dans ce cas, l’entreprise pourrait également invoquer l’article 17 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE qui proclame, lui aussi, le droit d’une personne à jouir de ses propres biens.

Que le droit de propriété soit proclamé avec force aux niveaux constitutionnel et international, n’empêche cependant pas que des atteintes légitimes puissent, sous le contrôle des juges, y être portées. Ainsi, la Charte des droits fondamentaux de l’UE – qui est le texte le plus récent en la matière  – autorise la privation d’une propriété « pour cause d’utilité publique, dans des cas et conditions prévus par une loi et moyennant en temps utile une juste indemnité pour sa perte ».

On pourrait admettre que les nationalisations poursuivent un objectif d’intérêt général, à savoir préserver l’emploi et l’activité industrielle d’une région. Le Conseil constitutionnel français avait d’ailleurs validé les nationalisations des années 80 pour des motifs assez similaires. Toutefois, il n’est pas certain qu’une telle finalité soit acceptable au regard des règles européennes : un tel motif, s’il paraît légitime en Belgique, peut au contraire être vu comme protectionniste dans les autres Etats membres de l’UE. La concurrence entre les sites européens est une réalité et chacun préfèrera toujours qu’une usine ferme dans un autre pays que le sien.

Même à considérer qu’il s’agit donc bien d’un objectif légitime justifiant une nationalisation, il faudrait encore que l’Etat délie les bourses et indemnisent les entreprises concernées. En ces temps de disette budgétaire, c’est une perspective peu réjouissante. Du reste, si cette intervention s’apparente à une aide d’Etat, elle devra également recevoir le feu vert de la part de la Commission européenne. L’obstacle n’est cependant pas infranchissable : la Commission s’est montrée conciliante ces derniers temps dans de telles circonstances.

En Belgique, dans le cas d’ArcelorMittal, cela nécessiterait aussi de convaincre la Flandre que l’Etat fédéral doit intervenir aux côtés du Gouvernement wallon pour sauver le bassin liégeois. La difficulté est réelle. D’autant plus que le coût global ne se limitera pas aux seules indemnités directement liées à la nationalisation. Nationaliser c’est devenir propriétaire des actifs mais pas uniquement. Par exemple, et sauf à trouver un repreneur (alors que le secteur de la sidérurgie est actuellement en crise…), l’Etat sera tenu, à terme, de dépolluer les sites. Dans le cas des sites liégeois du sidérurgiste, le coût de cette dépollution oscillerait entre 600 et 800 millions d’euros. A titre de comparaison, cela représente la moitié du budget du premier plan Marshall wallon.

Di Rupo DavosUne nationalisation est une opération juridiquement risquée et budgétairement assommante. Une nationalisation suggère aussi une grande confiance – les cyniques évoqueront plutôt une profonde candeur – dans les capacités de l’Etat à gérer des entreprises. Pourtant, les quelques expériences passées n’ont pas été de francs succès et les logiques politique et entrepreneuriale ne concordent pas toujours : comment croire, par exemple, qu’un Gouvernement acceptera d’endosser la responsabilité d’un choix stratégique exigeant de lourdes pertes d’emplois à l’approche d’élections ? Mais surtout une nationalisation, si elle est imposée de force à une entreprise, est un très mauvais signal envoyé aux investisseurs étrangers : pourquoi viendraient-ils investir chez nous s’ils n’avaient pas la garantie de pouvoir récupérer leurs biens par la suite ? Qu’on l’accepte ou qu’on l’abhorre, il ne faut pas perdre de vue le vrai visage du monde dans lequel on vit. Notre économie et nos industries participent pleinement à la mondialisation. Nationaliser une seule entreprise, c’est remettre en cause l’ensemble des politiques publiques adoptées ces dernières années visant à encourager l’investissement étranger en Belgique (voy. notamment le discours que le Premier Ministre Elio Di Rupo a tenu en marge du Forum économique mondial à Davos : Belgian Power Breakfast, 24 janvier 2013). Les investisseurs ont besoin de certitudes, non de crainte1.

  1. Ce texte est une version provisoire. La version définitive, corrigée et amendée, sera prochainement publiée dans le Cahier du juriste/Cahier van de jurist. []

À poison, poison et demi

Le Nouvel Obs apporte enfin la consécration à Gille-Éric Seralini, ce chercheur français qui n’a eu de cesse depuis quelques années de dénoncer les dangers des OGM. Il publie une vaste enquête scientifique sur les risques du maïs transgénique, au terme d’un projet de vaste ampleur, mené dans le secret, répondant au nom de code « In Vivo ».

On ne va pas cracher dans la soupe: qu’un scientifique se fasse lanceur d’alerte et dénonce les dangers des OGM, c’est évidemment salutaire. Seralini paye d’ailleurs un lourd tribut du fait de son combat contre l’industrie génétiquement modifiée. Les lignes qui vont suivre ne doivent en aucun cas être lues comme dénigrant le travail de Seralini, ou comme se rangeant aux côtés des Monsanto et consorts. Il faut savoir choisir son camp.

Toutefois, on est en droit de se poser la question la plus lourde d’enjeux: si les OGM n’étaient pas risqués, en voudrait-on pour autant?

En focalisant à ce point sur les « risques » des OGM, Seralini en fait une menace contre la santé et l’environnement contre laquelle, puisqu’elle est avérée, il s’agit de lutter. Et la lutte aura forcément lieu sur le terrain du respect de l’environnement et de la santé, puisque c’est dans ces termes-là qu’il pose la question.

Or, la tentation avec les travaux de Seralini, c’est d’enfermer le débat dans le jeu de l’expertise / contre-expertise. Les promoteurs des OGM auront beau jeu de démonter patiemment le mécano expérimental de Seralini et de nourrir la dialectique de « celui qui aura plus raison que l’autre ». Et s’il fallait plutôt déplacer la question que nous posent les semences transgéniques?

En outre, le ressort argumentaire de la toxicologie repose essentiellement sur le mécanisme de la peur. Quel est le sens de ces rats défigurés, de ces mots, « scandale! », « poison! », « danger! », qui parsèment l’article du Nouvel Obs? Le risque est de fabriquer des récipiendaires des biotechnologies qui soient craintifs, apeurés, terrés dans leur coin sous la surveillance du gros doigt de la grande industrie globalisée. N’est-il pas politiquement bien plus fort, pour l’opposant aux OGM, d’affirmer qu’il n’a pas peur, mais qu’il est en colère1?

Avec tout cela, on aurait pas encore répondu à la question de savoir si nos sociétés veulent des semences transgéniques2. Nous ne serions pas débarrassés pour autant de l’emprise du modèle économique qui accompagne ces semences et qui ravage l’agriculture paysanne et la recherche en milieu universitaire. Monsanto et consorts s’inscrivent dans une dynamique bien plus large, travaillent en partenariat avec les pouvoirs publics sur des projets de recherche, qu’ils financent… Dénoncer les risques des OGM sans aller plus loin, c’est en germe se dire que s’ils n’étaient pas risqués, alors ils seraient acceptables. C’est, in fine, jouer un jeu dangereux.

 

  1. Comme l’avait exprimé le collectif Pièces et main d’oeuvre en son temps, par la plume de Sébastien Thomasson []
  2. En Europe, où elles ont été interdites avec une certaine flamboyance d’entrer par la porte, les semences transgéniques rentrent par la fenêtre []

La revue de presse du lundi

  • Lutte finale contre Facebook

    S’approprier les codes pour mieux les détourner. Le site d’information en ligne Actualutte a l’habitude d’appliquer cette philosophie dans ses articles engagés en faveur des luttes, sociales ou politiques. Elle se décline désormais à l’échelle d’un tout nouveau réseau social : TheChangebook.

    Lancé depuis seulement quelques jours, plus de 2000 internautes se sont déjà inscrits sur ce réseau. Un bon début lié à son nom explicite, susceptible d’attirer facilement le chaland. Mais peut-être aussi les foudres de Facebook.

    Réseau indépendant

    Pensé comme une plate-forme d’échanges de contenus, libérée de toute pression publicitaire et commerciale, l’information est la principale priorité de TheChangebook. Il s’agit en réalité de dénoncer le mercantilisme propre à Facebook en utilisant ses propres symboles, comme le like ou la fanpage :

    TheChangebook se place en opposition à Facebook, lequel est à but lucratif, vend ses utilisateurs par l’utilisation de la publicité et cherche à monétiser toujours davantage son réseau.

    TheChangebook fonctionne sans publicité. Il est financé par Actualutte qui est garant de la préservation de l’identité des membres du réseau.

    TheChangebook sera progressivement géré collectivement par ses utilisateurs.

    Cett

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La revue de presse du lundi

  • JO 2012 © : cauchemar cyberpunk

    À première vue, il y a assez peu de rapports entre les Jeux olympiques de Londres et les univers dystopiques du cyberpunk, tel qu’ils ont été imaginés à partir des années 80 dans les romans de William Gibson, de Bruce Sterling, de Philip K. Dick ou de John Brunner.

    Cliquer ici pour voir la vidéo.

    À bien y réfléchir cependant, le dopage – dont le spectre rôde sans surprise toujours sur ces Jeux 2012 – est déjà un élément qui fait penser au cyberpunk, où les humains cherchent à s’améliorer artificiellement par le biais d’implants bioniques ou l’absorption de substances chimiques.

    Mais c’est plutôt à travers la gestion des droits de propriété intellectuelle par le CIO que l’analogie avec le cyberpunk me semble la plus pertinente et à mesure que se dévoile l’arsenal effrayant mis en place pour protéger les copyrights et les marques liés à ces Jeux olympiques, on commence à entrevoir jusqu’où pourrait nous entraîner les dérives les plus graves de la propriété intellectuelle.

    Une des caractéristiques moins connues des univers cyberpunk est en effet la place que prennent les grandes corporations privées dans la vie des individus.

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La revue de presse du lundi

  • L’Anthropocène c’est quoi ?

    Anthropocene.jpg

    Par Globaïa.org

    L’Anthropocène. Nous y sommes déjà. C’est notre époque, notre création, notre enjeu.
    Officiellement, cette époque n’existe pas encore. Elle sera peut-être ajoutée de façon permanente à l’échelle des temps géologiques en août 2012, lors du 34ème congrès organisé par l’Union internationale des sciences géologiques, qui se tiendra à Brisbane, Australie.
    C’est la Commission internationale de stratigraphie qui statue sur la dénomination et le calibrage des différentes divisions et subdivisions des temps géologiques, lesquels remontent à la formation de la Terre il y a 4,6 milliards d’années.
    Officieusement toutefois, le terme est utilisé de plus en plus fréquemment dans les publications scientifiques et, depuis peu, dans les publications dédiées au grand public.
    Mais, au fait, qu’est-ce donc que l’Anthropocène ?

    Lire l’article sur Globaïa.org

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  • Innovation in Europe—don’t copy a policy unless it works (amongst other salient comments)

    There are very trenchant comments coming from the European Science Foundation (ESF) and the European Parliament’s Science and Technology Options Assessment (STOA) brief of  the Science of Innovation conference held Feb. 28, 2012.

    From the July 18, 2012 news release on EurekAlert,

    Innovation has improved human living standards to an unprecedented level, and is the key to further progress; however it is a complex phenomenon that is not easy to understand and whose effects are unclear. This is the conclusion of the policy brief published by the European Science Foundation and STOA on innovation policy. …

    It summarises ten thought provoking issues that the science of innovation poses to policy makers:

    1. Innovation policy: ‘uncommon sense’ needed – innovation is not always benign and its effects are not clean cut. It is important to understand how best to optimise, not maximise, innovation

    2. The ‘science of innovation’ – diversification of innovation policy is vital. In particular a better understanding of innovation policy for the service sector is important, as this is the largest and fastest growing sector, making up more than two-thirds of European economies

    3. Policy myths and rituals – there are many ‘myths’ in the world of innovation policy, such as the role of venture capitals, SMEs and the state. Innovation policy sometimes has a ritual dimension, in which policy-makers apply certain principles from elsewhere – often the US – because it seems like the thing to do, rather than because of clear evidence that it will work in their particular situation. Innovation policy has to be context-sp

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  • Intelligent tablet (pill) packaging for medication regimes

    Most people who take a lot of pills/medications either own elaborate pill boxes or have their medications prepared in special blister packages so they can track their use. After an initial period of hypervigilance, it can be easy to lose track of whether or not you took your pill two hours ago.

    Holst Centre (a Belgian/Dutch collaborative, independent, and open innovation R&D [research and development] centre) and Qolpac (a pharmaceutical packaging company) are developing a new, intelligent type of packaging for medications. Here’s what the July 17, 2012 news item on Nanowerk has to say about it,

    Smart blisters are pharmaceutical packages capable of monitoring when a pill is taken out of its packaging. Qolpac and Holst Centre have jointly developed a technology that integrates an ultra-low-power processor and radio into a thin plastic foil that could replace the standard backing foil of a blister package. Drawing on Qolpac’s expertise in therapy adherence solutions, the two partners will further develop this technology for mass-market use. This includes finding suppliers and manufacturers capable of supporting a high-volume application.

    I can certainly understand how helpful it would be to know when the pill was removed from the package (e.g., knowing a pill was removed two hours ago tells me I took it the pill at 10 am so I can now take my 12 pm pill with confidence). Still, this is one more piece of life being monitored and, sometimes, it seems as if every activity (breathing, sweating, blinking, etc.)  will be. It reminds of the koan, if a tree falls in the forest and no one is there to hear, does it make a sound? But, I’m changing it to this:: if we start monitoring all our activities and no one is there to notic

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  • Science should it be ‘in’ or ‘and’ society?

    The European Science  Foundation (ESF) has just launched a report on science ‘in’ society as opposed to the more common phrasing science ‘and’ society. I’m not sure changing  from science ‘and’ society to science ‘in’ society is going to be noticed all that much. (In marketing circles it was known as that the company’s correct name was The Gap but no one ever called it that and it was rarely written correctly by anyone other than company officials. Despite strenuous effort, it remained the Gap.)

    From the July 16, 2012 news release on EurekAlert,

    At the ESOF 2012 conference The European Science Foundation’s (ESF) dedicated Member Organisation Forum (MO Forum) on ‘Science in Society Relationships’ has released its latest report: “Science in Society: a Challenging Frontier for Science Policy”. The report has called for a strengthening of ‘Science in Society’ (SiS) activities in a time of ambiguity for science.

    The latest report aims to highlight the role of science in society, to raise awareness of how scientific knowledge is translated into society and to encourage better practice in the relationship between science and society. In order to achieve a better society and increase the quality of research and innovation, the MO Forum offers several recommendations:

    • A clear commitment to SiS in MO science policy and strategy has to be enhanced
    • Transparent SiS processes must be put in place within the organisational structures of Member Organisations and other research funding and performing bodies. SiS processes must also be seen as an essential and central part of a researcher’s work
    • Re

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  • Biologie de synthèse : une feuille de route britannique

    Un groupe d’experts du Royaume-Uni vient de publier une feuille de route du pays en matière de biologie de synthèse. Le document fait la place à la participation citoyenne, mais dans une logique inféodée au développement de nouveaux produits.

    Lire la suite…

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  • Je ne veux pas être un gourou

    Il me vient cette image à l’esprit, vue dans une publicité sans doute : celle d’un homme perdu dans le désert. Devant lui, incongru dans un paysage de dunes à perte de vue, un panneau jaune avec un point marqué d’une flèche : « Vous êtes ici. » L’image résonne avec la situation présente, dans laquelle nos repères vacillent et perdent leur capacité à nous ancrer. Dans laquelle, pourtant, il importe plus que jamais de savoir se situer, ici et maintenant, en s’efforçant de trouver des réponses à quelques questions. Quelles sont mes valeurs ? Quelle doit être la suite ? Par où aller ?

    En ce qui me concerne, le Pierre Rabhi engagé sait à peu près où il en est. J’ai des convictions solides : l’agroécologie, l’humanisme. Je me sens à ma juste place. Et puis il y a le Pierre Rabhi intime, fragilisé par des interrogations profondes en lien avec son passé. J’ai beaucoup d’énergie dans ce que j’entreprends, mais je reste un enfant qui n’a pas connu sa mère.

    Je n’ai même pas de photo d’elle. Faute de connaître celle qui m’a mis au monde, je me sens comme un clandestin sur cette planète. Par la suite, j’ai connu des arrachements successifs, j’ai peiné à trouver mon identité en ayant grandi dans une double culture.
    Ces vieilleries de notre grenier psychologique, nous les traînons alors qu’il faudrait apprendre à s’en débarrasser. C’est ainsi. On dit du chagrin qu’il émousse ou qu’il aiguise. Je crois qu’il m’a plutôt aiguisé. Mais, par moments, il m’émousse encore. Lors d’une réunion avec mes collaborateurs%2

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La revue de presse du lundi

  • Parution du n°39 : Le Commun ou la relocalisation du politique
    Pour un lecteur militant, comme celui d’EcoRev’, le Commun est un concept qui permet de dénoncer les processus de privatisation et de marchandisation des ressources naturelles – mais aussi de certains biens et services publics produits ou consommés collectivement, tout en reconnaissant la puissance de l’universel… Un numéro dédié à la mémoire d’Elinor Ostrom (1933-2012), première femme à obtenir un Prix Nobel d’économie (en 2009) pour ses développements sur (…)

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    Dernières parutions

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  • La Biodiversité sacrifiée sur l’autel de la productivité
    Nous vous invitons à prendre connaissance ci-après du Communiqué de Kokopelli  » La Biodiversité sacrifiée sur l’autel de la productivité » Nous vous invitons également à soutenir Kokopelli en signant la pétition de cyber@cteur « Soutien à Kokopelli désavouée par La Cour de Justice de l’Union Européenne » la pétition d’Avaaz Que la justice revienne sur la decision prise contre Kokopelli Pour aller plus loin dans la compréhension de la séquestration de la Semence Vivante, vous pouvez aller voir ce petit (…)

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    Communiqués reçus

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  • ETHICSCHOOL for Responsible Innovation
    Malsch TechnoValuation: From Autumn 2012, ETHICSCHOOL will organise workshops and in-company training in Responsible Innovation. On 29 November, the third workshop will cover Responsible Nano-innovation. Brigitte Biermann of Triple Innova will explain the Nanometer, a self-assessment tool for responsible design of nano-enabled products developed in ObservatoryNano. Participants can then use this tool for assessing EHS, Ethical, Legal and Societal aspects of the product they are working on and exchange views.

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La revue de presse du lundi

  • Recension de Rémi Eliçable

    Les chercheures et chercheurs qui ont ouvert avec Bruno Latour et Isabelle Stengers la « boîte noire » de la fabrication des sciences modernes n’ont pas fini de faire vaciller les contours du monde qui nous entoure. Le dernier livre de Vinciane Despret « Que diraient les animaux…si on leur posait les bonnes questions ? » ne s’adresse pas seulement à la communauté des chercheurs (sociologues ou philosophes des sciences, éthologues et scientifiques) mais se trouve susceptible d’intéresser et de concerner n’importe qui soucieux des rapports que nous entretenons avec les animaux. Plus que cela, il rend directement préhensibles et accessibles les conséquences pratiques et quotidiennes (pour tout un chacun) d’autres versions d’un « faire science ». Interrogés non seulement dans les laboratoires, mais aussi dans leur milieu de vie1, avec ceux qui vivent à leurs côtés, ré-harnachés en quelque sorte par cette opération aux ambiguïtés du monde, les animaux dont parle Vinciane Despret n’apparaissent plus du tout bêtes. La mise en cause, bien que jamais abordée frontalement (sous le registre de la critique ou de la dénonciation) n’en reste pas moins radicale : les frontières ontologiques entre

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  • Body Hacking : “Je me modifie, donc je suis”

    Body Hacking par Cyril FiévetCyril Fiévet (@cfievet) ne nous est pas inconnu. Ancien journaliste pour InternetActu de 2003 à 2006, il fut l’un des blogueurs français les plus prolixes du début des années 2000 avec son blog, Pointblog, son livre BlogStory et son magazine, Netizen, qui avaient tout trois l’ambition de montrer au grand public ce qu’était ce phénomène alors naissant.

    Cyril Fiévet s’intéresse depuis des années aux technologies. Editeur et traducteur pour Fyp éditions, il vient de signer Body Hacking, un livre très documenté sur la démarche volontaire de modifier son propre corps, “notamment en lui adjoignant des composants artificiels, dans le but de transformer son comportement naturel”. En nous amenant à la rencontre de ces premiers pirates d’eux-mêmes, Fiévet ouvre une boîte de pandore, esquissée philosophiquement par les transhumanistes, qui nous fait passer concrètement%

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  • La faillite de l’évaluation des pesticides sur les abeilles
    Le coupable est-il plutôt l’incompétence ou l’accumulation de conflits d’intérêts ? Impossible de trancher. Mais la question est désormais posée : comment des tests d’évaluation des risques pour l’abeille, notoirement déficients, ont-ils pu être utilisés pendant près de vingt ans pour homologuer les dernières générations d’insecticides ? Un article du Monde par Stéphane Foucart que vous pouvez trouver ici : (…)

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    Articles externes

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  • Fuite d’eau à Tihange : "le risque zéro n’existe pas"

     Levif.be – Suite à la révélation faite ce matin par La Libre Belgique, selon laquelle de l’eau contaminée s’échappe de manière récurrente de la piscine de désactivation de Tihange, Ecolo et Groen réagissent.

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  • Défendre l’élevage, un choix politique

    En Europe et plus largement dans les pays occidentaux, nous sommes aujourd’hui dans une surprenante conjoncture du point de vue de nos relations aux animaux.

    date: 

    14/07/2012 – 10:43

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  • Graeme Hayes, Sylvie Ollitrault, La désobéissance civile

    Le présent ouvrage, dernier paru dans la collection « Contester » aux Presses de Science Po, est consacré à un mode spécifique de contestation politique : la désobéissance civile. Travaillée par différentes disciplines, notamment le droit, c’est ici en tant que comportement politique, « avec les outils de la sociologie politique et tout particulièrement celui de la sociologie des mobilisations (p. 11) », que la désobéissance civile est abordée. L’ouvrage est divisé en quatre chapitres consacrés successivement à la caractérisation et l’histoire du phénomène, son actualité dans les luttes contemporaines, ses spécificités comme répertoire d’action protestataire et enfin ses rapports ambigus avec la violence.

    Dans un premier chapitre, Graeme Hayes et Sylvie Ollitrault s’attachent tout d’abord à définir la désobéissance civile en s’appuyant sur quelques théoriciens en philosophie politique, en particulier le philosophe américain John Rawls. Plusieurs critères se dégagent au final permetta…

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